Délégationde Haute-Loire

Nathalie ou le voyage vers l’autonomie

Nathalie a été soutenue et aidée par l’équipe de l’Emblavez. En 2015, elle a participé au voyage de l’Espérance à Lourdes : un moment inoubliable ! Elle a aujourd’hui le permis, et un travail. Elle raconte…

Nathalie ou le voyage vers l'autonomie

J’ai eu mon permis de conduire et ensuite, un travail comme AVS [auxiliaire de vie scolaire], je m’occupe de petits à la maternelle. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas de travail. J’avais fait de petits remplacements en maison de retraite. Je n’avais pas le permis, c’est toujours maman qui faisait tout pour m’emmener, venir me chercher… Il fallait trouver une solution…

Comme je n’arrivais pas à avoir le permis, elle m’a prise en conduite supervisée, c’est la même chose que la conduite accompagnée. En temps normal, c’est plus rapide. Quand ils le donnent !

Ils me l’ont donné, mais… je l’ai passé sept fois quand même ! J’ai tenu, mais j’ai failli baisser les bras.

Ce qui m’a permis de tenir le choc, c’est maman d’abord, avec tout ce qu’elle a investi pour moi, des gens qui m’ont entourée, les bénévoles du Secours Catholique… Il y a eu Michel, Jacqueline, Monique… Tout le monde. [Le Secours Catholique] a financé déjà une bonne partie de mon permis, des leçons de conduite… Je ne voulais décevoir personne.

Il y a eu le voyage de l’Espérance, on m’a beaucoup donné, j’ai beaucoup reçu… Ça m’a permis de tenir, je me suis dit : « accroche-toi ». Pour tenir, on pense à tout ce qu’on a vécu, j’ai pensé à l’équipe, à ma mère, je me suis dit « tant pis, repasse le code, accroche toi ».

Je venais juste de passer pour la cinquième fois mon permis et je l’avais raté, avant de partir pour le voyage de l’Espérance. J’étais désespérée. Jacqueline m’a dit, allez, on verra après, on va essayer de passer des bons moments… Ce voyage m’a énormément touchée, je ne m’y attendais pas. Ma maman m’a demandé : « Mais qu’est-ce qui s’est passé ? » Je lui ai dit : « Maman, tu aurais été là, tu ne l’aurais pas vécu comme moi. Dès que quelqu’un me donnait des nouvelles, après le voyage, me disait qu’il pensait à moi, vlan, je pleurais… Ça m’a aidée à ne pas lâcher. Me connaissant, je lâche vite.

La dernière fois que j’ai été à l’examen, je ne voulais pas. Surtout, quand j’ai vu que c’était le même inspecteur. Ça y est c’est foutu, je me suis dit… J’ai pensé à tous ceux qui m’avaient aidée et je l’ai eu.

Il y a eu le voyage et peu de temps après, l’inspectrice d’académie m’a appelée, pour un entretien. On était cinq sur le poste et j’ai été sélectionnée. Ils m’ont posé des questions sur l’essentiel et j’ai bien répondu. Ça faisait plus d’un an que je cherchais un emploi, surtout à cause du problème de mobilité. Je croyais que c’était moi qui ne faisais pas l’affaire… mais non, ce n’était pas ça.

J’en ai fait beaucoup des lettres de motivation et des CV ! J’ai inondé Le Puy. C’est grâce à ça qu’on m’a appelée. Le Secours Catholique m’a aidée, mais après c’était à moi d’aller passer le permis, d’aller chercher le travail… Ils ne pouvaient pas le faire à ma place !

Ce que j’ai gagné depuis ? Je suis libre, je peux faire ce que je veux. Je ne dépends plus de personne, de ma maman… J’ai 43 ans, il était temps !

Je n’ai qu’un conseil. Il ne faut pas rester isolé, il faut aller vous voir. Vous pouvez aider, soutenir, mais après c’est à nous de faire, d’avancer.

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