Délégationde Haute-Loire

Accueil familial de vacances 2013

Yann ou les vacances en Haute-Loire

En Haute-Loire, non loin de Lapte, une famille accueille un jeune dans le cadre de l’Accueil familial de vacances (AFV) du Secours Catholique. Les membres de la famille nous racontent…

Yann ou les vacances en Haute-Loire

« Bonjour, moi c’est la maman, je m’appelle Claire. Le papa c’est Éric, 43 ans. »

« Moi c’est Coralie, la fille de la maison, je vais avoir 16 ans. »

« Moi, c’est Benjamin, je vais avoir 13 ans, je suis le garçon de la famille. »

« Je m’appelle Yann, j’ai 10 ans, je suis en CM1, c’est moi [que la famille] accueille pendant les vacances, et je suis content. J’habite à Nanterre. »

« Je m’appelle Andrée Ribeyron, je suis bénévole à la délégation [du Secours Catholique] au Puy-en-Velay. »

Comment êtes-vous devenus une famille de vacances, qui accueille un enfant dans le cadre de l’AFV ?

Claire : J’étais sur un site d’information locale d’internet un jour, et j’ai vu une annonce disant que le Secours Catholique recherchait des familles bénévoles pour accueillir des enfants. Du fait que je travaille à la maison – je suis actuellement assistante maternelle –cela pouvait me convenir ; j’ai fait voir l’annonce à mon fils qui a été tout de suite emballé pour en parler à son père et à sa sœur qui ont eu d’abord quelques hésitations, parce que ce n’est pas évident d’accueillir quelqu’un qui est étranger à la famille et surtout un jeune de Paris – quand on parle de Paris on a [parfois] certaines craintes. Mais comme j’avais du temps pour pouvoir accueillir cet enfant et m’occuper de lui, avec Benjamin nous avons convaincu Coralie et mon mari Éric aussi. On s’est donc lancés dans l’opération il y a trois ans et on est bien contents d’avoir reçu Yann !

Benjamin : J’aimais bien l’idée d’aider, d’offrir des vacances à un petit, et aussi d’avoir un nouveau copain avec qui m’amuser et découvrir un peu la campagne.

Coralie : Au départ, j’hésitais parce que faire venir quelqu’un n’est pas toujours facile [mais finalement] nous avons fait du camping, comme d’habitude, c’est-à-dire sous toile de tente, nous n’avons pas changé nos habitudes, et Yann s’est très bien adapté au mode de vie pas très confortable du campeur. Il a [respecté les] règles dont je conviens avec mes enfants, surtout respecter les autres, les copains… Et puis il a appris à nager, grâce au Secours Catholique, pour pouvoir venir !

Yann, qu’est-ce que tu en as pensé, toi, de ces vacances à la mer ? Et des vacances en Haute-Loire ?

Yann : Pour moi, c’était très bien, je me suis amusé, je me suis fait des copains, comme tout le monde d’ailleurs, et je trouve que c’est différent de la maison, d’être sous tente, on n’a pas d’horloge, on n’a pas la télévision, ça m’a manqué un peu. (rires) Mais j’ai appris un peu à me passer de télévision. Benjamin m’a appris à faire du vélo, Éric, lui, m’a dit qu’il faut que je sois moins « mollusque » (rires). Coralie m’a appris des nouvelles choses et Claire aussi.

Andrée, pourquoi cette forme d’accueil est-elle intéressante ?

Les enfants peuvent passer de bonnes vacances, ça les sort de leur cadre de Paris, où ils n’ont pas souvent l’occasion de s’amuser à la campagne, de découvrir la nature, ça leur fait voir plein de choses nouvelles. Pour eux c’est très bien.

[À la famille de vacances :] Une fois que vous vous êtes convaincus en famille de l’intérêt d’un tel accueil, qu’est-ce qui s’est passé ?

Nous avons contacté le Secours Catholique, Mme Ribeyron et [une autre dame de l’équipe] sont venues à la maison voir […] si on était capable d’accueillir un enfant, si on était prêts à le faire, si on était motivés, je pense que c’est important la motivation.

À quoi sert cette visite dans les familles ? Est-ce qu’elle est importante ?

Andrée : Nous allons rencontrer les familles surtout pour voir quelle est leur motivation, c’est ce qu’il y a de plus important. On se rend compte rapidement de l’état d’esprit de la famille, si elle a vraiment envie d’accueillir un enfant pour lui faire passer de bonnes vacances. Il faut surtout que toute la famille soit d’accord pour cet accueil.

Les enfants viennent de Paris, d’une délégation du Secours Catholique avec laquelle nous travaillons et où il existe des bénévoles qui connaissent les familles par l’accueil et qui les suivent toute l’année, nous sommes en contact pratiquement toute l’année avec elles ; au mois de mars nous commençons à chercher de nouvelles familles. Ces bénévoles nous disent ce que les équipes savent de l’enfant, de ses goûts, de sa personnalité, et on essaie de choisir en fonction à la fois de l’enfant et de la famille de vacances.

Comment s’est passé le premier accueil ?

Claire : Nous sommes allés à Yssingeaux, nous l’avons reconnu à la descente du car […], nous l’avons accueilli, conduit à la maison. Le soir il a ouvert sa valise et il nous a offert une statuette africaine en bois, un petit cadeau de remerciement pour l’accueil…

Yann : J’ai essayé de faire comme eux, et de m’habituer. Au début Benjamin m’a fait oublier ma famille, mais ensuite le soir j’ai un peu pensé à eux.

Comment intégrez-vous cet enfant que vous accueillez dans vos activités, vos loisirs, dans votre famille ?

Claire : Il fait partie totalement de la famille. Il fait ce que l’on fait : mariage, visite en famille ou chez des amis.

Éric : Nous le traitons comme nos enfants. S’il y a une difficulté, on en parle en famille avec lui.

Andrée : C’est souvent intéressant qu’il y ait des enfants dans la famille qui accueille, mais ce n’est pas obligatoire, pourvu que les enfants ne soient pas désœuvrés et que la famille s’en occupe. Il y a aussi des enfants de familles voisines, des copains dans le village, quelquefois des petits-enfants. Vraiment il n’y a pas de famille type.

Claire : Quand il est arrivé, Yann ne savait pas faire de vélo, il faisait son petit [numéro], et finalement il a appris à faire du vélo le lendemain même avec mon fils, il a appris à jouer à la pétanque…

Éric : Je l’ai emmené faire une partie de pêche, il a d’ailleurs attrapé [pas mal de poissons], au début il en avait presque peur mais après il a appris à connaître ce que c’était, à découvrir la nature.

Claire : Nous lui avons proposé de participer avec nous à diverses choses : visiter une porcherie, voir la traite des vaches, jouer dans des structures gonflables, faire du « Laser Game » (un jeu de « bagarre » où on court pendant vingt minutes et où tout le monde se défoule).

Comment est assuré le contact entre tous les participants, avant, pendant et après le séjour ?

Andrée : Pendant le séjour, d’une part les enfants téléphonent régulièrement dans leur famille. D’autre part les responsables de l’Accueil familial du Secours Catholique en Haute-Loire assurent une permanence téléphonique constante pendant le séjour, avec un numéro du portable que ces responsables ne quittent pas jour et nuit, et qui est communiqué aussi bien aux familles de ces enfants qu’aux familles de vacances : à la moindre difficulté elles peuvent intervenir en soutien aux familles de vacances ou à la demande des familles. Il faut ajouter que nous sommes en contact quasiment permanent avec les bénévoles de Paris.

Après le séjour, souvent il n’existe plus de lien avec les familles… Mais on connaît des familles de vacances qui ont eu des nouvelles des enfants dix ou quinze ans après… Ce n’est pas le cas avec la famille de vacances de Yann puisqu’ils se téléphonent régulièrement et toute l’année avec la famille de Yann.

Monsieur et Madame, et les enfants, pour conclure, quel bilan pouvez-vous tirer de cette aventure ?

Claire : C’est une super expérience, même si elle n’est pas toujours évidente : par exemple on est encore plus inquiets que pour ses propres enfants s’il est malade… Mais ça enrichit énormément.

Éric : Ça vaut la peine ! Avec du recul je suis content de l’expérience. C’est enrichissant pour tout le monde, aussi bien pour l’enfant que l’on accueille, que pour nous.

Coralie : C’est une bonne expérience et c’est enrichissant.

Benjamin : Je n’ai pas de regrets, bien au contraire, on s’amuse bien tous les deux, on fait plein de choses ensemble…

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